jeudi 26 avril 2018

ÉLÉMENTAIRE, MON CHER NEWTON!

#PourCeuxQuiSontPressés  
   
#Newton (Isaac et pas Olivia) #EditionOriginale #schémas #Newton #TraitédOptique #lumière #Couleurs #clavecinOculaire #Pianocktail  
 
Pour ceux qui n'ont pas non plus le temps, mais qui le prennent quand même 
    

Édition originale en français
On ne rappelle jamais assez combien la révocation de l’Edit de Nantes (1598) ordonnée par Louis XIV en 1685, fit de tort à la France. De brillants esprits quittèrent l’hexagone. Le prometteur Pierre Coste, 17 ans et protestant rejoignit l’Angleterre. En épousant la langue du futur Shakespeare, en devenant imprimeur, en s’intéressant aux innovations scientifiques, celui-ci, sans rancune, se fit le propagateur des œuvres d’Isaac Newton en terres ingrates.

On attendait la traduction en français du Traité d’Optique de Newton depuis 1704, année de sa parution anglaise. Samuel Clarke en avait donné une version latine en 1706, version dont les Mémoires de Trévoux rendirent compte en février 1709. Et puis plus rien. Jusqu’en 1720, date de la parution
de l'édition originale en langue française du traité traduit par Coste chez  Humbert à Amsterdam en 1720. C'est ce traité gonflé de planches dépliables que nous allons déplier pour vous.

Plantons le décor. Le jeune Isaac est à peine bachelier ès arts qu’une épidémie de peste atteint Cambridge. Il se carapate à une encablure des jupons de sa mère, dans une ferme du Woolsthorpe où il va rester deux ans entre parenthèses. Période Larzac des plus fructueuses. En 1666, une pomme tombe d’un pommier. Sur le sol et non sur la caboche du jeune homme comme Gotlib a si bien tenté de nous le faire croire avec un sens renouvelé du vieux comique de geste. Le 15 avril 1726, à Kensington, Newton a raconté ce moment de grâce à William Stukeley  son ami antiquaire, scientifique et furieux stonehedgien: « Le temps devenant chaud, nous allâmes dans le jardin et nous bûmes du thé sous l’ombre de quelques pommiers, seulement lui et moi. Au cours de la conversation, il me dit qu’il s’était trouvé dans la même situation lorsque, longtemps auparavant, la notion de gravitation lui était subitement venue à l’esprit, tandis qu’il se tenait assis dans une humeur contemplative. Pourquoi cette pomme tombe-t-elle toujours perpendiculairement au sol, pensa-t-il en lui-même. Pourquoi ne tombe-t-elle pas de côté ou bien vers le haut, mais constamment vers le centre de la Terre ? Et si la matière attire ainsi la matière, cela doit être en proportion de sa quantité ; par conséquent, la pomme attire la Terre de la même façon que la Terre attire la pomme » (1).  Elémentaire mon cher Newton! Il suffisait de l’énoncer.
Rencontre d'un génie des mathématiques et d'un génie des zygomatiques

 L’histoire est peut-être trop belle pour être vraie. Qu’importe. La pomme s’est gâtée depuis. Mais le pommier a subsisté, d’abord bombé d’orgueil, aujourd’hui rabougri de vieillesse. Un de ses greffons, planté en-dessous de la fenêtre de la chambre que Newton occupait au Trinity college fleurit insolemment tous les printemps.  Quant à la théorie de la gravitation universelle, elle se porte bien, merci pour elle. Dans ces mêmes années contemplatives, Isaac s’est préoccupé de mécanique, de calcul, de couleurs et de lumière. Dès cette époque, furent mis en culture tous les travaux qui allaient propulser l’humanité dans une nouvelle ère des sciences. 

« On estime que Newton a [rédigé son traité d’optique] entre la fin de 1693 et la première moitié de 1694, mais il ne publia rien à cette époque, peut-être préoccupé des éventuelles critiques, en particulier celles de [son farouche opposant] Hooke » (2). D’autres n’ont pas hésité à mettre cette valse-hésitation sur le compte de l’autisme Asperger. Cette allégation a posteriori  dérange. Il est vrai que Newton n’était pas des plus à l’aise en société. Mais comme on nous le fit remarquer l’autre soir lors d’un diner vaporisé au Viré-Clessé,  Newton, élu malgré lui membre du parlement britannique en 1689, fit preuve d’au moins un vrai  moment d’altruisme.  « Désorienté dans cette nouvelle carrière, [le savant] resta comme étranger aux débats de la chambre des communes et ne prit dit-on la parole qu’une seule fois et ce fut pour inviter l’huissier à fermer une fenêtre d’où venait un courant d’air capable d’enrhumer l’orateur qui occupait la tribune » (3).

Je vois, donc je crois.


Frousse ou autisme, le résultat fut le même. Opticks : or, a Treatise of the Reflexions, Refractions, Inflexions, and Colours of Light (Optiques : ou traité des réflexions, réfractions, inflexions et couleurs de la lumière) ne vit le jour qu’en 1704. 1720 marqua l’entrée par la grande porte, en France, des idées newtoniennes sur la lumière et les couleurs. L’historien des idées relèvera quelques inexactitudes dans la traduction de Coste, mais bien moins que dans celle de Jean-Paul Marat, plus tardive (1787), plus célèbre (Merci Charlotte!) mais surtout plus fautive. Marat, n'hésita pas à couper dans le vif et à récrire certains passages, tout en postillonnant sur Coste. (4)

Expérimenter, il n'y a que cela de vrai

Mais la bave du crapaud traducteur n'atteint pas la blanche colombe scientifique. Sous l’impulsion d’Isaac Newton relayée par ses admirateurs européens, l’Expérience devient reine et les théories qui en découlent, vassales comblées. La présence d’yeux et de mains dans les planches du Traité d’optique insiste discrètement mais surement sur l’omnipotence de l’expérimentation.
 


Parallèlement à cette révolution du raisonnement, l’attachement que Newton manifeste envers la lumière déboulonne un présupposé antique de taille qui règna en maitre jusqu'après l'époque médiévale. Pour la première fois, la vedette n’est plus l’œil qui voit mais la lumière qui est vue. L’étude de la vision est supplantée par celle de la géométrie et de la physique de la lumière. (4)

Couleurs à parts entières

Du papier qui enflamme
Enfin, et ce n’est pas non plus un détail, « par ses études sur les couleurs, Newton [renverse entièrement une] tendance vieille de deux mille ans qui faisait du blanc une couleur pure et des couleurs ses contaminations. Il vient de quantifier les couleurs, étendant donc à la lumière un traitement mathématique qui n’existait avant lui que pour les sons. Dans cette grande réorganisation, [certains sont tentés] de faire une analogie entre couleurs et notes de la gamme » (5)

Cette analogie entre couleurs et notes aiguillonnent les imaginations. Dès le compte rendu paru dans les Mémoires de Trévoux en 1709, les esprits s’échauffent. Un des rédacteurs relève sur-le-champ que « Mr Newton, […] ayant distingué sept différentes couleurs […] dit que l'espace qu'occupe chacun d'eux, est en raisons ou en proportions des sons qui font l'octave dans la musique ». Le Père jésuite Louis-Bertrand Castel (1688-1757) s’enflamme comme une étoupe. Le bonhomme est un pluri-enthousiaste. Il s’intéresse de front à la tactique, la pesanteur, le feu, la «cause et la nature du tonnerre et des éclairs », le «passage dans les Mers de l'Orient par les Mers du Nord »,  et désormais au clavecin oculaire qui va devenir son grand dada. En 1723, toujours  dans les Mémoires de Trévoux, il écrit un nouvel article sur le traité de Newton. En 1725, il annonce dans le Mercure la construction d’un« clavecin pour les yeux, avec l'art de peindre les sons et toutes sortes de musique » qui permettra de «rendre visible le son », de «peindre ce son et toute la musique dont il est capable; de les peindre réellement, ce qui s'appelle peindre, avec des couleurs et avec leurs propres couleurs; en un mot, de les rendre sensibles et présents aux yeux, comme ils le sont aux oreilles, de manière qu'un sourd puisse jouir et juger de la beauté d'une musique, aussi bien que celui qui l'entend ; et que, réciproquement, malgré le proverbe, un aveugle puisse juger par les oreilles de la beauté des couleurs ». 

Caricature de Saint Aubin du père Castel au clavecin oculaire



Le clavecin pour les yeux « dont le mouvement des touches [fera]  paraître les couleurs » emballe les grands de ce monde. Le duc de Huescar, le marquis de Maillebois donnent à Castel, l'un mille couronnes, l'autre deux mille livres pour entreprendre ses travaux (6). Un premier prototype est mis en chantier vers 1726. Le projet patine, puis reprend du poil de la bête en juillet 1754. En 1755, un clavecin oculaire est présenté à Londres dans la salle de concert de Soho Square. On en connait une description: « Le Clavecin oculaire a la forme d'un buffet. Sa hauteur est de cinq pieds huit pouces; sa largeur de trois pieds quatre pouces, et sa profondeur de deux pieds. Il est placé perpendiculairement sur la partie antérieure d'un Clavecin ordinaire qui lui sert de base. Le fond dans un espace de trois pieds quarrés, contient cinq cents et tant de lampes. La partie qui est en face des spectateurs, présente soixante morceaux de glace ou de verre colorés. Chacun de ces verres a un ton de couleur analogue répondant au son, qui entrera dans l'oreille à l'instant que la lumière colorée viendra frapper les yeux; car la même touche qui produit le son, fera étinceler la couleur lumineuse » (6).

Le hic, c’est que le clavecin de Soho Square est… muet.
Il faudra attendre Larry Flint,
un pur produit d’Hollywood,  pour rendre justice aux intuitions du père Castel. Dans What a way to go (Thompson, 1964), Flint (Paul Newman), peintre miteux de l’école de Paris, tombe amoureux  de Louisa (Shirley McLaine). Cousin éloigné de l’Antoine Delafoy de l'anti-accord absolu  des Tontons Flingueurs (Lautner, 1963), il est l’inventeur du clavecin oculaire moderne. Sa machine articulée convertit les sons en peinture. Branchée à un tourne-disque, elle produit de l’art qui rapporte gros. L’invention tourne mal, devient folle et se retourne contre Flint-Newman. 

le tourne-disque oculaire


Newton aurait peut-être mieux fait de chambouler la théorie du son plutôt que celle de la lumière. Au lieu du clavecin oculaire, ses suiveurs auraient mis au point les bases du clavecin cocktail que Colin aurait amélioré sans efforts en  pianocktail. De la pomme de Newton au Baiser de Guenièvre (10 cl de cidre rosé - 2 cl de sirop de sucre simple - 2 cl de vodka - 1 cl de jus de citron vert -2 feuilles de basilic - 1 fraise coupée en morceaux), il n’y aurait eu qu’une touche de piano. Et nous aurions pu contempler à l’envi les planches du Traité d’Optique en portant un toast à la célébrité d’Isaac. © texte et illustrations villa browna / Valentine del Moral  
Le traité qui nous a permis d'écrire cette lorgnette est en vente à la librairie. Il s'agit de:

Isaac  Newton

Traité d’Optique sur les réflexions, réfractions, inflexions, et couleurs, de la lumière. Traduit de l'Anglois par M. Coste [...]


Amsterdam, Pierre Humbert, 1720.
2 volumes in-12 plein veau, dos à nerfs ornés de fers dorés adroitement restaurés. Usures aux coins.
XV, [1], 583, [17] pp. (pagination continue avec pages de titre correspondantes), 12 planches dépliantes gravées. Papier uniformément et légèrement bruni.

Edition originale française de ce traité célèbre qui fit date et dans lequel Newton n'apparaît plus seulement comme le chantre de la physique théorique mais également comme un défenseur de la physique expérimentale. On y trouve sa célèbre étude sur la composition des couleurs.

Babson N° 139 : "Coste, the translator, spent many years in England, where he fled on the revocation of the Edict of Nantes, and where he became intimate with Locke. His translations were of durable service and helped to introduce english thought to the French of the XVIIIth century". Gray, A Bibliography of the Works of Sir Isaac Newton, 186. Wallis, 186.DEMANDER DES DÉTAILS et/ou COMMANDER

 \\ BIBLIOGRAPHIE
(1) Stukeley, Mémoires sur la vie de Sir Isaac Newton, 1752.
(2) Marco Panza, Newton, 2003.
(3) Murray – Nicolini, Nouvelle biographie Nouvelle biographie générale: depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours
(4) Hamou,
Regards sur l'optique de Newton: 1704-2004
(5) Dorothée Devaux et Bernard Maitte, Newton, les couleurs et la musique.
(6)
Anne-Marie Chouillet-Roche Le Clavecin oculaire du P. Castel, Dix-Huitième Siècle, 1976
https://blogs.futura-sciences.com/luminet/2014/10/15/pommier-newton/


  
1 l  [Barret], La Varende, Jean de. Nez de cuir, gentilhomme d'amour. Pointes sèches originales de Gaston Barret.
Paris, Editions Arc-en-Ciel, 1952.                                                                      
450 €
In-4 en feuilles, couverture ; sous chemise et étui cartonnés recouverts de suédine. Petite déchirure sans manque à la pliure inférieure de la première de couverture. 261, [4] pp.
Tirage limité à 250 exemplaires, celui- ci un des 198 numérotés sur grand vélin chiffon avec signature manuscrite de l’artiste. Nombreuses pointes sèches de Gaston Barret, dont une grande qui sert d’illustration à la couverture.
2 l  [Belmondo], Théocrite. Les Idylles de Théocrite. Mises en français par André Berry et Edgar Vales. Ouvrage orné de 47 planches de dessins de Paul Belmondo.
Paris, Union Bibliophile de France, 1946.                                                         
300 €
In-4, en feuilles, couverture ornée d’un motif en bas-relief ; sous boite cartonnée reprenant le même motif en relief. 163 pp.
Tirage limité à 1000 exemplaires, celui-ci numéroté sur vélin pur fil de Lana. Outre le motif en bas-relief, l’illustration de Paul Belmondo est constituée de bois gravés in texte gravés par Poilliot et de hors-texte fac-simile. Le texte est souligné de lignes ocres ou vertes.
3 l  [Berque], Louys, Pierre. Les chansons secrètes de Bilitis.
S.l., aux dépens d'un amateur, 1935.                                                                  
150 €
Petit in-4, en feuilles, couverture imprimée ; sous chemise et étui cartonnés. Légers frottements. [92] pp. Quelques mouillures.
Tirage limité à 101 exemplaires, celui-ci numéroté. Dessin de couverture, lettrines tirées en sanguine et 12 « cuivres gravés par un artiste contemporain [Jean Berque] rehaussés de sa main en couleur ».
4 l  [Braque], Reverdy, Paul. Braque. Une aventure méthodique.
Paris, Fernand Mourlot, 1949.                                                                               
3 900 €
In-folio en feuilles, couverture rempliée illustrée par Braque ; sous coffret de l’éditeur pleine toile grise illustré du même motif stylisé qu’ à la couverture. 60 pp., hors-texte.
Tirage limité à 265 exemplaires, celui-ci numéroté et signé par Braque et Reverdy. Un frontispice en couleurs et 26 figures en noir dans le texte accompagnent le texte de Reverdy. Puis suivent 12 œuvres de Braque lithographiées par Mourlot, dont la première « arrêtée en cours d’exécution par Georges Braque » et la dernière non numérotée.
5 l  [Buffet], Giono, Jean. Recherche de la pureté.
Paris, Creuzevault, 1953.                                                                                     
4 800 €
In-folio, en feuilles, couverture illustrée sur japon nacré ; sous chemise et étui cartonnés plaqués en simili-bois. [104] pp. petites traces de scotch à la 2ème et 3ème de couvertures, dues au papier de protection ajouté.
Tirage limité à 160 exemplaires, celui-ci numéroté sur Rives signé par Jean Giono et Bernard Buffet. 21 eaux-fortes de Bernard Buffet. Préface de Pierre Bergé. Edition originale de la préface et premier tirage des gravures. Le texte, quant à lui, plaidoyer contre la guerre, il fut écrit en 1939.
6 l  [Chastel], Eluard, Paul. Le Bestiaire. Eaux-fortes originales de Roger Chastel
Paris, Maeght éditeur, 1948.                                                                           
1 500€
In-folio, en feuilles, couverture entièrement recouverte par une grande eau-forte ; sous chemise et étui cartonnés. Dos de la chemise entouré d’un encadrement biseauté, titre manuscrit lithographié. [98] ff., manque une serpente.
Edition originale des 45 poèmes de Paul Eluard et des illustrations à la limite de la non figuration du graveur Roger Chastel (1897-1981).Tirage limité à 196 exemplaires, celui-ci un des 29 exemplaires numérotés en chiffre romain sur vélin d'Arches. 87 eaux-fortes en couleurs dont 42 lettrines et une eau-forte double page, tirée en noir qui constitue la couverture. Les planches ont pour la plupart été tirées sur la presse même de l’artiste.
7 l [Collot], Vercel, Roger. Capitaine Conan.
Paris, Au moulin de Pen-Mur, 1947.                                                                         
250 €
In-4, sous chemise et étui frotté. 244 pp., justification du tirage.
Tirage limité à 1000 exemplaires, celui-ci numéroté sur vélin des papeteries de Lana. Illustré en couleurs de bois gravés d’André Collot, soit: un frontispice, des illustrations in-texte et des culs-de-lampe.
8 l  [Creston], Vercel, Roger. La Hourie. Illustrations en couleurs de R. Y. Creston.
Paris, au Moulin de Men Mur, 1946.                                                                   
150 €
In-4, broché, couverture beige rempliée, imprimée en deux tons ; sous étui cartonné, insolé au dos. 224 pp. dont faux-titre et titre, (1)pp. Rares piqûres.
Tirage limité à 1000 exemplaires, celui-ci un des 950 sur vélin pur chiffon de Lana. Illustré de 29 compositions de Creston dans le texte et à pleine page reproduites en phototypie, rehaussées et mises en couleurs au pochoir. Témoin conservé.
9 l  [Dominguez], Eluard, Paul. Poésie et vérité 1942. Illustré par Oscar Dominguez.
Paris, Les nourritures terrestres, 1947.                                                                     
1 200 €
Petit in-folio en feuilles, couverture ornée d'une vignette ; sous chemise demi-toilée à dos orné d’un titre doré et étui cartonné lithographié. [144] pp.
Tirage limité à 221 exemplaires, celui-ci numéroté à la main sur pur chiffon de Lana. Dominguez a donné un frontispice tiré à l’aquatinte en deux couleurs, et des encadrements ornementaux et illustratifs de tous les poèmes également calligraphiés par l’artiste. Les deux hommes se fréquentaient depuis quelques années quand Dominguez, initia ce travail d’illustration. Leur collaboration aveait débuté par la présentation qu’écrivit Eluard pour la première exposition individuelle de Dominguez qui eut lieu en 1943 à la galerie Louis Carré. Monod, 4228.
10 l  [Dunoyer de Segonzac], Dorgelès, Roland. La boule de gui. Avec des dessins et des pointes sèches de André Dunoyer de Segonzac.
Paris, La Banderole, 1922.                                                                                       
350 €
Petit in-4, en feuilles, couverture bleue imprimée ; sous chemise et étui demi-toilés et cartonnés. 86, [4] pp.
Tirage limité à 600 exemplaires, celui-ci un des 519 exemplaires sur Lafuma teinté. Double et chaleureux envoi à Robert Pinkiéwicz par Dorgelès « ancien caporal » et Dunoyer « ancien sergent ». 5 pointes-sèches hors texte et nombreux dessins in texte.
11 l  [Dunoyer de Segonzac], Dorgelès, Roland. Tombeau des poètes.
Paris, Vialetay, 1954.                                                                                                    
1800 €                                             
In-folio en feuilles, couverture ; sous chemise bleue imprimée et étui cartonnés. 240 pp.
Edition originale. Tirage limité à 180 exemplaires numérotés et signés par l'auteur, le peintre et le graveur. Celui-ci, un des 30 exemplaires sur pur chiffon de Rives, deuxième papier, comprenant la décomposition de couleurs d'une planche et  une suite en état définitif. L’illustration de Dunoyer de Segonzac comprend 50 bois en noir et couleurs gravés par Jacques Beltrand : 3 doubles pages, 9 hors texte en couleurs, 38 bandeaux dans le texte et culs-de-lampe. La décomposition de la planche couleurs est tirée sur papier Japon mince permettant de jouer les superpositions. Témoin conservé. Parfait état dans sa boite de transport.
C’EST LE LIVRE QUI NOUS A PERMIS D’ÉCRIRE LA LORGNETTE lisible sur villabrowna.blogspot.com/.
12 l  [Flocon], Bachelard, Gaston. Paysages.
Rolle, Paul Eynard, 1950.                                                                                                
1 600 €
In-4, en feuilles, couverture illustrée ; sous chemise à dos toilé et plats cartonnés imitation paille et étui pareillement cartonné. 94, [6] pp., dossier, suite.
Edition originale. Tirage limité à 200 exemplaires, celui-ci numéroté sur Arches, deuxième papier, comprenant une suite des 16 burins, avec remarques sur papier de Chine, les deux planches en surnombre et un dessin original signé.
Exemplaire en outre truffé d’un second dessin original et de six lettres de G. Bachelard. Celles-ci s’étalent du 30 juillet 1949 au 30 novembre 1951 et sont un témoignage réel de la réalisation de cet ouvrage. Il est en particulier et surtout question du texte et de la gravure de la planche Feu. L’amitié du philosophe et du graveur, qui fut profonde, nait là sous nos yeux, passant de Cher monsieur à Cher ami et de phrases convenues à un ton plus libre.
Le texte du livre intitulé « Notes d'un philosophe pour un graveur » est introduit par « A  la dynamique du paysage ». Suivent 15 chapitres, légendes descriptives des 15 burins d'Albert Flocon, ancien du Bauhaus, théoricien de la gravure, professeur de perspective. Monod I, 716.
13 l  [Flocon], Eluard. Perspectives. Poèmes sur des gravures de Albert Flocon.
[Paris], Maeght, 1949.                                                                                                
750 €
In-4, en feuilles, couverture illustrée ; sous chemise et étui cartonnés. Étui très légèrement sali. [47] pp.
Tirage limité à 200 exemplaires, celui-ci un des exemplaires du tirage de tête numéroté en chiffre romain, avec « une suite des gravures au burin et une suite Noir au blanc sur Japon », c’est-à-dire tirée en négatif. Dix poèmes d’Eluard illustrés de 12 burins par Flocon dont font partie la couverture et le frontispice. Monod 4224 ; Strachan 121 et 332. Verbal descriptions can give but a slight idea of the power of Flocon's enigmatic designs.” http://www.kb.nl/bc/koopman  « L'édition de Perspectives sortit des presses en 1948, mais ne fut mise en vente dans quelques librairies que le 15 juin 1949, à l'occasion d'une exposition de la maison d'édition Maeght. Les gravures de Perspectives, tout comme les poèmes d'Éluard, sont d'un style sobre. Ce sont des représentations graphiques qui rappellent parfois l'œuvre de l'artiste néerlandais M.C. Escher. Flocon et ce dernier ne se sont cependant rencontrés qu'en 1965, à l'occasion d'une exposition à Paris. Escher a même dit que Flocon était la personne qui avait la plus grande affinité d'esprit avec lui ».
14 l  [Goerg], Baudelaire, Charles. Fleurs du mal. Tableaux parisiens.  Lithographies originales de Edouard Goerg.
Paris, Marcel Sautier, 1952.                                                                                        
900 €
Grand in-4 en feuilles, couverture rempliée lithographié à la première de couverture et au dos ; sous chemise et étui cartonnés. [196] pp.
Tirage limité à 200 exemplaires sur vélin pur fil à la forme des papeteries du Marais, celui-ci, un des 170 numérotés.  L’illustration lithographique d’Edouard Goerg envahit le texte à toutes pages, accentuant par son omniprésence la tension contenue dans les textes de Baudelaire.
15 l  [Goerg], Poe, Edgar. L'ange du bizarre, suivi d'autres contes. Eaux-fortes originales d'Edouard Goerg.
Paris, Marcel Sautier, 1947.                                                                                        
450 €
In-4, en feuilles sous couverture beige rempliée ; sous chemise au dos illustré et étui cartonnés. 94 pp.
Tirage limité à 275 exemplaires, celui-ci sur pur chiffon d’Arches. Illustré par Edouard Goerg de 28 eaux-fortes originales dont certaines ne sont pas sans rappeler l’univers fantasmagorique d’Odilon Redon.
16 l  [Gromaire], Bertrand, Aloysius. Dix contes de Gaspard de la nuit.
Paris, Tériade éditeur, 1962.                                                                                      
1 600 €
In-4, en feuilles, couverture imprimée ; sous chemise et étui cartonnés. 73 pp.                         
Tirage limité à 120 exemplaires signés par l’artiste. Un des exemplaires contenant la suite des eaux-fortes sur papier Japon et doublement signé, en bas de la justification et en titre de la chemise de la suite. 10 eaux-fortes de Marcel Gromaire gravées en 1930 et tirées en 1962 par le graveur typographe Haasen. Texte composé à la main par l’Imprimerie Nationale.
17 l  [Gruber], Baudelaire, Charles. Le Spleen de Paris. Lithographies originales de Francis Gruber.
Paris, Les éditions du Grenier à Sel, 1954.                                                                    
700 €
In-folio, en feuilles, couverture rempliée ; sous chemise et étui cartonnés. [4], 102, [10] pp.
Tirage limité à 132 exemplaires, celui-ci, un des 15 exemplaires numérotés de tête, sur Japon nacré avec une suite en sanguine sur Chine. 15 lithographies originales en noir de Francis Gruber à pleine page. Suite tirée en sanguine. Seul livre illustré par l'artiste, ami intime de Giacometti, l’un des rares représentants du mouvement expressionniste en France, mort prématurément en 1948 à 36 ans. Monod, 1174. Bénézit, « On peut penser que Gruber eut tort de peindre une œuvre qui n'appartient pas à son temps, mais on ne peut nier le pouvoir d'envoûtement de cette œuvre. »
18 l  [Guastalla], Labé, Louise. Poèmes. Les Elégies et les Sonnets. Gravures sur cuivre de Pierre Guastalla.
S.l., chez l'Artiste, 1950.                                                                                              
400 €  
In-12, en feuilles, couverture rempliée ; sous chemise et étui cartonnés. [72] pp., dessin original, suite.
Tirage limité à 287 exemplaires. Exemplaire du tirage de tête limité à 12 exemplaires sur japon, accompagné d’un dessin original signé et d’une double suite des gravures. Gravures à pleine page hormis quelques culs de lampe. Le dessin correspond à la gravure du sonnet 14. Benezit, éd. 1966 « Pierre Guastalla (1891-1968) tient une place importante dans la jeune gravure contemporaine. Depuis 1925, il préfère les procédés sur cuivre à la gravure sur bois qu'il pratiquait auparavant. Ecrivain, il a écrit un traité d'esthétique. Il a illustré plusieurs ouvrages littéraires, dont Ubu Roi d'Alfred Jarry. »
19 l  [Laurens], Lucien de Samosate. Loukios ou l'âne.
Paris, Tériade, 1947.                                                                                                            
1 200 €
In 4, en feuillets, couverture ornée d’un bois en noir et or ; sous  chemise et étui cartonnés. [8], 88, [8], pp.
Tirage limité à 270 exemplaires numérotés. Un des exemplaires numérotés sur vélin d'arches, signés au crayon par l'artiste. 68 bois originaux en couleurs d’Henri Laurens, dont certains élégamment gravés en noir et or, tirés par Pierre Bouchet. Ornementation du texte en or. Traduction nouvelle d’Emile Chambry.
20 l  [Letellier], Renard, Jules. Histoires Naturelles.
Paris, cercle des bibliophiles de la maison de la chasse et de la nature, 1977.         
450 €
In-folio, en feuilles, couverture rempliée imprimée ; sous boite de grosse toile écrue. 148 pp.
Tirage à 185 exemplaires numérotés sur vergé de Rives, celui-ci un des 35 exemplaires numérotés en chiffre romain réservés «  pour les amis des sociétaires et les collaborateurs ». Les 20 pointes sèches originales in et hors texte de Pierre Letellier ont été tirées dans les ateliers Lacourière et Frelaut, à Paris.
21 l  [Matisse], Rouveyre, André. Apollinaire. Henri Matisse.
Paris, Raisons d'Etre, 1952.                                                                                    
3 000 €
Petit in-folio, en feuilles, couverture illustrée de pochoirs en couleurs par Matisse ; sous chemise cartonnée illustrée de découpages de l’artiste et étui cartonné. Infimes frottements. 86, [6] pp.
Tirage limité à 350 exemplaires et quelques exemplaires nominatifs, celui-ci, un des 300 exemplaires numérotés sur vélin d’Arches. Témoin conservé. Couverture travaillée au pochoir d’après les découpages gouachés de Matisse. 8 lithographies de l’artiste tirées à l’atelier Mourlot illustrent le texte, soit un frontispice, six portraits d’Apollinaire sur fond ocre à pleine page et un portrait de femme en noir sur fond ocre in texte. Lettrines rouges. Monod, 10004. Duthuit-Matisse, n°31.
22 l  [Matisse], Rouveyre, André. Repli.
Paris, éditions du Bélier, 1947.                                                                                     
4 500 €
In-8, en feuilles, couverture illustrée de pochoirs en couleurs par Matisse ;  sous chemise et étui cartonnés. Très légers frottements à l’étui. Titre, 163, [9] pp. Rares piqûres très éparses.
Tirage limité à 370 exemplaires, celui-ci numéroté et signé par Matisse et Rouveyre sur vélin à la forme.
Illustration de Matisse d’un roman autobiographique de son ami Rouveyre, dans lequel se trouve pas moins de six portrait de l’auteur. En outre, on y trouve deux linogravures en couleurs de lettrines, quatre linogravures décoratives en noir et blanc, et encore six autres portraits de femmes en lithographie. A noter, le travail de pochoir qui orne la couverture de la chemise.       « Les trois techniques utilisées par Matisse pour les illustrations de livres, furent ainsi réunies dans un seul ouvrage, sur lequel Matisse travailla en 1944 et 1945 ». Les lithographies ont été tirées dans l’atelier de Mourlot, les linos et bois par Fequet et Baudier, les pochoirs gouachés réalisés par Nervet. van Capelleveen, Ham, Joubij, Voix et visions. La Collection Koopman et l'Art du Livre français. La Haye, Koninklijke Bibliotheek, 2009. Monod 10006
23 l  [Méheut ], Dorgelès, Roland. Les Croix de bois. Dessins et lithographies de Mathurin Meheut.
Monte Carlo, éditions du livre, 1947.                                                                       
250 €
In-8 broché,  couverture imprimée rempliée ; sous chemise et étui cartonnés. 324 p.
Tirage limité à 3000 exemplaires, celui-ci numéroté. 12 lithographies originales en couleurs hors-texte et de 22 dessins en noir formant bandeaux et culs-de-lampe par Mathurin Méheut.
24 l  [Naggar], Ovide. La chute d'Icare.
Paris, éditions Ruth Zilkha, 1996.                                                                              
700 €
In-folio, en feuilles, couverture imprimée; sous chemise et étui cartonnés. 40 pp.
Tirage limité à 135 exemplaires, celui-ci un des 120 numéroté à la main et signé par l’artiste. Truffé du bulletin de souscription. Les 12 photographies à pleine page signées par André Naggar illustrent le chapitre VIII « Dédale et Icare » des métamorphoses d’Ovide. « La photographie que je pratique depuis 1965 est une photographie d'images mentales. Les images mentales qui nous reviennent tout au long de notre vie ne sont pas précises et pourtant elles sont constamment en nous », affirme André Naggar.
25 l  [Othon Friesz], Bernardin de Saint Pierre, Jacques-Henri. Paul et Virginie. Illustrations de E. Othon Friesz.
S.l., éditions de la Maison Française, collection Le florilège des chefs-d’œuvre français, 1947.                
150 €
In-4, en feuilles, couverture imprimée ; sous chemise et étui cartonnés. LVI, 146 pp.
Tirage limité à 800 exemplaires sur pur chiffon, celui-ci numéroté. Les illustrations in-texte d’Othon Friesz ont été gravées sur bois en couleurs par Gérard Angiolini.
26 l  [Rouault ], Rouault, Georges. Divertissement.
Paris, Tériade, 1943.                                                                                                   
450 €
In-folio, en feuilles, couverture gouachée en deux tons ; sous chemise et étui cartonnés avec petits défauts. Exemplaire ayant gardé son étui de transport en contreplaqué. 75, [7] pp.
Tirage limité à 1270 exemplaires, celui-ci numéroté sur vélin d’Arches. Manuscrit entièrement peint au pinceau par Georges Rouault et gravé par Draeger. 15 héliogravures en couleurs hors texte contrecollées sur papier légèrement gouaché.
27 l [Simons], Van der Meersch, Maxence. Quand les sirènes se taisent. Illustrations de Simons.
Au Moulin de Pen-Mur, 1947.                                                                                    
150 €
Petit in-4, en feuilles, couverture ; sous chemise et étui cartonnés. Mouillures à la chemise. 274 pp., 1f. de justification.
Tirage limité à 900 exemplaires numérotés, celui-ci, 1 des 370 sur vélin crèvecoeur du marais. Illustration en couleurs de Simons composée d’un frontispice, 2 illustrations à pleine page,  23 illustrations dans le texte, culs-de-lampe. Rare roman consacré aux grèves qui frappèrent Roubaix en 1921, 1930 et 1931 et qui relatent les fameuses barricades de juin 1931.
28 l  [Springer], Valéry, Paul. Eupalinos ou l'architecte. Edition illustrée de gravures au burin par F. Springer.
Paris, NRF, 1947.                                                                                                           
200 €
Grand in-4 en feuilles, couverture imprimée ; sous chemise et étui cartonnés, étiquette au dos. Menus accidents à l'étui. 102 pp.
Tirage limité à 314 exemplaires, celui-ci un des 270 exemplaires numérotés sur vélin pur fil. 14 gravures au burin par Ferdinand Springer présentées à pleine page et in-texte. Première édition illustrée du texte de Valéry.
29 l  [Touchet], Marguerite d’Angoulême, reine de Navarre. L’Heptaméron des nouvelles de la Reine de Navarre.
Paris, éditions André Vial, 1949.                                                                            
300 €
3 vols in-8, en feuilles, couvertures imprimées en deux tons ; sous trois chemises et un étui cartonnés. 
235, 187, 224 pp.
Tirage limité à 1500 exemplaires, celui-ci un des 44 exemplaires du deuxième papier auxquels ont été ajoutés un état des eaux-fortes en noir avec remarque et un dessin original, celui-là au crayon et encre violette. 44 eaux-fortes en couleurs dont 14 hors-texte. "Le dernier ouvrage qu'aura illustré notre cher Jacques Touchet (1887-1943) aura été l'Heptaméron de la Reine de Navarre  […] C'est une des plus heureuses réussites de Jacques Touchet. […] Il a pu donner toute sa mesure et laisser sa verve et son esprit s'exprimer librement, soutenus par son érudition et le don qu'il avait d'animer les époques passées." André Warnod, Le Figaro du décembre 1949.
30 l  [Vieillard], Platon. Le Banquet. Édition dirigée par Maurice Darantière, traduite pour un tiers par Jean Racine, la suite par Mme de Rochechouart de Mortemart, abbesse de Fontevrault, et avec un Discours par Victor Cousin.
s.l., Bibliophiles Comtois, (imprimerie Nationale de France), 1952.                      
700 €
In-4, en feuilles, couverture ; sous chemise et étui cartonnés. Légers frottements à l’étui. [168] pp.
Tirage limité à 150 exemplaires sur vélin blanc de Rives filigrané au nom de la Société, celui-ci un des 25 exemplaires de collaborateurs, numéroté en chiffre romain. 14 gravures in texte de Roger Vieillard tirées par Roger Lacourière. Suite d’artiste avec remarques manuscrites et ornées, toutes contresignées au crayon et une planche refusée en épreuve d’artiste.Cette très belle suite est dans une chemise titrée au crayon par Vieillard.
31 l  [Vieillard], Rimbaud, Arthur. Hommage à Rimbaud. Burins de R. Vieillard.
Paris, éditions du Seuil, 1945.                                                                                    
500 €
Grand in-4, en feuilles, couverture imprimée en deux tons ; sous chemise et étui cartonnés de l’éditeur. 71, [1] pp.
Envoi au crayon de Vieillard en page de faux-titre. Tirage limité à 186 exemplaires, celui-ci un des 150 numérotés sur vélin d’Arches signé par l’artiste. 17 gravures au burin illustrent 12 poèmes de Rimbaud. Témoin conservé. Vieillard est, selon Bersier, « Le plus pur de nos burinistes », in  Jean Bersier, La gravure.
32 l  [Vieillard], Vieillard, Roger. L'Ecclésiaste Traduction et gravures au burin de Roger Vieillard.
Paris, Michel de Romilly, La jeune gravure française, 1950.                                 
300 €
In-folio, en feuilles, couverture ornée ; sous chemise et étui cartonnés de l'éditeur. 72 pp., suite sous couvertures légendées à la main par Vieillard.
Tirage limité à 214 exemplaires, celui-ci numéroté sur Arches. Truffé d’une chemise légendée par l’artiste, non notifiée dans la justification, comprenant une suite d’artiste des gravures pour l’Ecclésiaste. Édition originale de la traduction également par Roger Vieillard qui donne 14 burins originaux, un frontispice, 12 hors-texte et une vignette. Son travail d'illustrateur sur les lettrines est aussi à noter. La suite présente des états antérieurs aux états définitifs des gravures figurant dans l’ouvrage.
 L'ensemble qui n

mardi 27 février 2018

COLUMBO ET LE COLONEL MOUTARDE À LA CHASSE À COURRE


#PourCeuxQuiSontPressés
 
#vénerie #veinards #Chambray #NicolasMoreau  #DescorpsDesindicesDeshypothèses #portraits-charges #enfancedelaphotographie #bibliophilie-fiction #humourpotache#OnSeDamneToujoursPourLeDrame #MaisOnDédaigneGénéralementLaComédie

Pour ceux qui n'ont pas non plus le temps, mais qui le prennent quand même 

La bibliophilie ressemble parfois à une enquête de Columbo.  Ici, les corps rarissimes qui ont été retrouvés sont au nombre de quinze. Quinze photographies de portraits-charges contrecollés sur bristol fort. Un frisson de plaisir a parcouru nos échines en les exhumant. 

Quinze "victimes" consentantes
 Les indices ? Une signature, un nom de photographe, des trompes de chasse, de la moustache, du poil de barbe.
  Les témoins ? Nombreux. Mais tous morts. Voilà qui promet.
 
Capron, photographe sous le Second Empire
Procédons par ordre. Il y a d’abord un certain Gustave Capron dont le nom et l’adresse sont imprimés au verso des cartes bristol.  Trois lignes, trois typographies : l’homme fait dans le raffiné. Le suspect se dit rouennais. Vérifications faites, le gars est réglo : un studio photo à ce nom fonctionna de 1865 à 1870 à Rouen.
Normandie. Second Empire. Nous avons le lieu et l’heure de notre « crime bibliophilique ».
Au recto, contrecollés, quinze photographies tirées en bistre sur papier fin s’exposent. Capron a bien bossé. Il a très correctement pris en photo ces portraits-charges dessinés au crayon qui mettent malicieusement en scène des veneurs en action.  

Au moment de se pencher sur ces gaillards, voilà qu'on plonge dans une partie de Cluedo zinzin régie par une règle du jeu à la manque. Au lieu de devoir deviner qui a fait le coup – ici aucun doute, c’est Nicolas Moreau qui ne perd rien pour attendre, on parlera de lui tout à l’heure -, on doit retrouver l’identité des protagonistes. Exit le colonel Moutarde; à la trappe dames Pervenche et Leblanc; au diable le révérend Olive; au placard le professeur Violet; bye bye mademoiselle Rose. A la place, on a affaire à des chasseurs que l’artiste a affublés de signes distinctifs… qui ne nous disent plus rien aujourd’hui, les derniers témoins oculaires des manies de ces messieurs ayant été expédiés ad Patres depuis des lustres.    

A ce stade de l’enquête, qu’a-t-on finalement à se mettre sous la dent ? Un lieu, une date, des trombines de veneurs et la signature d’un peintre qui mériterait qu’on s’intéresse sérieusement à lui. Si malgré tout, on met ces indices dans un shaker et qu’on le secoue avec conviction, on en sort un nom, un nom qui brille au firmament de la vénerie, celui du marquis de Chambray.
 

A bicycleeeetttte


A partir de cet astre de la vénerie française, les planètes se mettent gentiment en orbite. De fil d’Ariane en aiguilles de bottes de foin, on finit par redonner leur identité à quelques caricaturés, parfois avec certitude, d’autre fois avec intuition. Cet homme des bois à bicyclette, ne serait-ce par hasard « M. de Lestanville, un joyeux, [qui] suivait à pied et à bicyclette; il arrivait souvent, par quel miracle? avant les cavaliers : instinct des raccourcis. »

Avouez! Vous êtes avoué?


Cet autre en robe, rabat et épitoge qui, trompe en bandoulière, caracole, ne serait-ce pas un des protégés de Chambray, l’avoué de Mortagne, « qui possédait une étincelle de feu sacré et qui à la chasse parlait peu, mais juste. C'est pourquoi [Chambray lui] avait donné le bouton », faisant fi des conventions sociales, ne regardant que le talent et les qualités.
Le kilt cynégétique

Et celui-là, kilt au vent et dague dégainée, ne serait-ce pas Avenel connu pour ses origines écossaises? 


Veste pour chiens de poche
Ce chapeau que l'on attend pas, ces sourcils carrés, ce gilet à petits boutons serrés, ces poches larges à contenir des terriers remuant, on dirait Thomine-Desmazures tout craché.  

 

Favoris d'un favori de Chambray
Et les favoris  de ce pékin en chemise et pantoufles, n'appartiennent-ils pas à Auguste Morgon (1) ?   


Observons encore cet autre visage, familier et pourtant vaguement déconcertant. Ce nez droit  plongeant en pointe sur une barbe noire taillée en pointe, ces pommettes hautes, ce regard bridé, ce maintien impeccable, ce poing sur la hanche d’un corps sec délié, on dirait, mais oui, on dirait… le marquis de Chambray en personne ! 


le "Grand cerf" Chambray en chair et en papier


Si on ne le reconnaît pas dans la minute, c’est qu’à l’époque des caricatures, faites aux alentours de 1865, il n’a que 37 ans ! Or, le divin marquis, on le connaît plutôt grâce aux photos réunies par Maurice de Gasté en 1894, soit plus d’une vingtaine d’années après que Nicolas Moreau ait croqué ces veneurs et que Capron ait fixé la trace par la photographie. Or, à 65 ans, Chambray avait eu le temps de blanchir sous le harnais de l’équipage qu’il avait fondé en 1850. 
Hormis ces cheveux blanchis, la photo en pied prise en 1894 et le portrait dressé à l’encre par Gasté en 1926 correspondent encore  à celui que Moreau dessina au crayon près de quarante ans auparavant. Celui qui fut surnommé « le Grand Chef » et que Moreau campe le pied victorieux sur un huit-cors, était « sec, la figure colorée, une courte barbe taillée en pointe, des sourcils légèrement broussailleux en accent circonflexe, les yeux en amande, assez petits, remplis de finesse, de malice, d'expression un peu rusée, mais souriante. Il était leste et dégagé, qu'il soit au chenil en sabots et en veste de velours, en tenue de chasse ou du soir; il était minutieusement soigné dans ses vêtements comme sur sa personne. C'était un délicat du savoir-vivre, assez timide, ayant toujours peur de froisser ou de blâmer; personne n'a jamais pu dire de lui : « Il est de mauvaise humeur. » »

la pommade du lion, connue comme le loup blanc

Cette bonne humeur légendaire flotte indéniablement sur les portraits-charges de ses compagnons. L’un s'érige en vainqueur de Goupil, un autre prend une bouteille de Champagne pour un  biberon, tandis que celui-ci galope, Pommade du lion garantie sous le coude (pommade non pas comme on pourrait l’imaginer destinée aux érythèmes fessiers, mais ancêtre du Petrol Hahn, ce qui ne nous a pas permis d’écrire « cheveux au vent »), et que celui-là joue les marmitons. 


Pommade du lion connue comme le loup blanc

La potacherie règne que Nicolas Moreau a su rendre avec un réel humour. Humour apprécié au point d’être partagé ? Ça se pourrait bien ! Flirtant avec la bibliophilie fiction, on imagine aisément que ces portraits-charges furent commandés par un amphitryon du cénacle de Chambray, ou par le grand maître lui-même. On imagine encore que, ravi du résultat et tanné par ses compagnons de chevauchées, le commanditaire ait décidé de les faire photographier et monter sur bristol pour en faire cadeau aux happy few concernés.
L’hypothèse est séduisante, l’énigme reste entière, bien qu'à y bien réfléchir, la véritable énigme dans le fond, ce soit l’artiste lui-même, Nicolas Moreau.



Moreau signe au sabot et à l'ongle

Le grand ordonnateur de ces instantanés bonhommes a en effet obstinément cherché à nous échapper sans y réussir complètement. Malgré lui, il a surgi au détour des comptes-rendus d’expositions artistiques de l’époque, dont le plus parlant est sans doute celui que Bertall fit en dessins pour le Journal amusant en 1865. Le croquis qu’il donne de l’humoristique « Course au sanglier » de Moreau est astucieusement  légendée : « Marcassin, monté par Milord, arrive bon premier d'une demi-longueur; Miss, montée par Tom, est seconde ; Black est distancé ».  


Hommage de Bertall


Moreau a aussi émergé des potins mondains dont était friande la presse de l’époque. Dans le Chenil daté du 14 avril 1887, on a par exemple appris que le vautrait Servant chassa le jeudi 7 par un temps très couvert et que « les honneurs du pied [furent] faits à M. Nicolas Moreau et la curée aux flambeaux ». C’est que Nicolas Moreau, bien que très bien en cour dans la Normandie de Chambray, n’y allait qu’en déplacement. C’est à l’Isle-Adam qu’il habitait. Or, le chenil de l’équipage Servant, point névralgique de tout équipage, était cantonné au Château de Presles… à l'Isle-Adam justement. C’est donc avec cet autre équipage de légende que Moreau passa le plus clair de son temps cynégétique. On va jusqu’à dire qu’il fut le peintre de chasse particulier des Dollfus et des Servant et qu’il fut même membre de l'équipage. On a trace d’huiles humoristiques, croquis et caricatures qu’il fit pour eux et dont quelques-unes ont survécu au XXe siècle et sont parvenus jusqu’à nous.

"des études de chevaux dignes de Géricault"
A les regarder de près, on finit de se convaincre que Nicolas Moreau fut un excellent peintre doublé d’un marrant. Le peintre-graveur Amédée Besnus ne dit pas le contraire au moment d’évoquer cet élève de Jules Dupré qui selon lui « faisait des études de chevaux dignes de Géricault, [et  qui était capable de donner] d'excellents conseils tout en couvrant sa toile ». « Moreau riait bruyamment [produisant] un bruit insolite, sorte de hennissement, que faisait [son] nez qui, planté ferme sur son épaisse moustache, sonnait des fanfares continues. Ce Nicolas Moreau […] avait du reste des talents de société très réjouissants. Ainsi il imitait à s'y méprendre le cheval et l'âne comme aussi les jappements d'un chien blessé à la chasse à courre, ou fouaillé par un « piqueux » et hurlant de douleur. On entendait distinctement parmi les cris le sifflement de la lanière du fouet cinglant les reins de la pauvre bête. Cependant, là n'était pas encore son triomphe [… Il] stupéfiait ses auditeurs par la délicate faculté qu'il avait d'imiter le cochon. Que dis-je ? un troupeau de cochons, s'il vous plaît, passant le « matin » dans une « rue de village ». C'était inouï de rendu! on aurait pu en dire le nombre approximativement, on les voyait se heurter, se bousculer pour échapper aux morsures des chiens qui les faisaient se hâter, puis la voix du porcher qui les excitait. Mais, dira-t-on, comment pouvait-il faire comprendre le matin ? Je ne sais comment il s'y prenait, mais ce qui est sûr et certain, c'est que l'on en avait la sensation, que ce ne pouvait être que le matin, et non pas à tout autre moment de la journée. Moreau établissait des nuances. C'était extraordinaire !  Je n'ai connu par la suite que l’habile peintre de chiens 0livier de Penne qui approchât quelque peu de Moreau, mais combien encore distance ».

Nicolas Moreau -  Hallali - équipage Servant - musée Louis Senlecq à l'Isle-Adam

Olivier de Penne !? Quelle drôle de coïncidence. Alors qu’on parle de talents de société, Nicolas Moreau et Olivier de Penne, deux cadors de la peinture sportive, se retrouvent réunis… Moreau, cador du genre ? Mais, oui, mais oui. Et nous ne sommes pas les seuls à le penser. Chroniquant le salon des animaliers de 1921, Denoinville écrivait : « Gélibert, un vétéran très glorieux a peint des chiens de guerre et nous pensons encore à de Penne, qui connaissait si bien lui aussi, ses chiens et à cet autre peintre Nicolas Moreau, un élève de Jules Dupré, bien méconnu et dont certaines études de chevaux et de chiens valent cependant celles de bien d'autres. » On lit autre part que Moreau «  élève de Picot et de Jules Dupré, est inspiré par les chasses à courre qu'il situe dans la forêt de l'Isle-Adam. Les toiles qu'il adresse au Salon de 1844 à 1883 montrent un artiste robuste et délicat, à l'affût de la lumière et du mouvement ». Les quelques traces visuelles de Moreau glanées lors de notre cyberquête, les trois œuvres de l’artiste conservées au Musée d'Art et d'Histoire Louis-Senlecq de l'Isle-Adam confirment ces éloges. A ces qualités, nous ajouterions volontiers le sens inné de l’humour et une gaité chevillée au corps. C’est peut-être ce dernier trait de caractère pictural qui fait qu’il soit si méconnu aujourd’hui. On se damne toujours pour le drame mais on dédaigne généralement la comédie. 


Nicolas by Moreau?

Risquons-nous à penser que, d’outre-tombe, Nicolas Moreau se fiche comme d’une guigne de sa postérité en demi-teinte. De son vivant, il privilégia le plein air, la justesse de son art et l’amitié mais pas les ronds de jambes et encore moins l’art de parvenir.  Nous en prenons pour preuve les charmantes strophes du Souvenir de Roumare qu’un certain A. Gérard écrivit au débotté le 26 janvier 1866 devant les «deux tableaux, où le pinceau fidèle / D'un artiste en renom [Moreau]  a si bien reproduit / Les traits que pour chasser grand saint Hubert nous fit […] Et que le peintre a su nous faire reconnaître […il] a réussi de nous rendre vivants ». Au premier rang de ces chasseurs à courre, on ne sera pas étonné de retrouver « le marquis de Chambray, le chef de l'équipage ». Les noms cités à sa suite, pour un bon nombre, nous les avons déjà croisés au début de notre enquête.   

Gérard écrit aussi que sur l’un des deux tableaux qu’il décrit, le peintre s’est représenté : « Tout en sonnant sa trompe, au coin, voyez Moreau / Qui regarde l'effet que produit son tableau. » Enhardis par ces deux vers, nous tentons l’identification d’une des cartes-bristol non encore élucidée. Un carton à dessin et un crayon y sont brandis par un veneur cintré dans sa tenue, encerclé par sa trompe, juché sur un tréteau à étriers, mené par un « nez […] planté ferme sur [une] épaisse moustache» à la Napoléon III. Se pourrait-il que ce veneur dessinateur cache un second autoportrait de Nicolas Moreau ?  
Baisse ton masque, Moreau, on t’a reconnu ! (Enfin, on espère!)

 © texte et illustrations villa browna / Valentine del Moral

(1) Une fois pour toutes : la rouflaquette est constituée d'une mèche de cheveux et non pas de poils des joues. Le favori est lui, du poil de joue. Une caractéristique commune aux rouflaquettes et aux favoris est que le menton se doit de rester glabre. 

BIBLIO //Le Chenil : journal des chasseurs et des éleveurs, 14 avril 1887   
 Bulletin de la société de vénerie, octobre 1962
L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1953
Gérald Schurr, Les Petits maîtres de la peinture, valeur de demain, 1979
Amédée Besnus, Mes relations d'artiste, 1898
Georges Denoinville, in La Revue des beaux-arts : juin 1921
A. Gérard. Souvenir de Roumare. 26 janvier 1866
Joconde.fr pour retrouver les tableaux de Moreau conservés au musée Louis Senlecq à l'Isle-Adam

L'ensemble qui nous a permis d'écrire cette lorgnette  est constitué de

Nicolas Moreau

Auguste Capron photographe
Quinze portraits-charges 

Sans lieu ni date.
15 photographies contrecollées sur bristols forts
mesurant 6,3 x 10,6 cm Les clichés en eux-mêmes mesurent 5,4 x 7 cm.
Nom du photographe aux rectos et aux versos qui indiquent également l'adresse de son atelier, 13, rue Rollon à Rouen. Caricatures signées.
 

Rarissime ensemble de portraits-charges, présentant le marquis de Chambray et un échantillon des veneurs évoluant dans son cercle. Une première enquête a permis de remettre un nom sur le visage et la silhouette de quelques-uns des chasseurs et de replacer le peintre sportif Nicolas Moreau, aujourd'hui méconnu, à sa juste place, celle de peintre officiel de l'équipage Servant, autrement dit celle d'un peintre de grand talent.